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Mon père est parti

Mon père est parti avec des secrets, des souvenirs

Mon père m’a laissé avec des regrets, des souvenirs

Souvenirs communs, souvenirs perdus, souvenirs oubliés

Secrets enfermés, secrets perdus, secrets oubliés

Regrets à jamais, regrets non exprimés, regrets

 

Mon père est parti

 

C’est long et c’est court une vie

C’est court et trop court de la partager

Le temps est fugace, le temps d’une vie

Le temps nous agace, le temps léger

 

Mon père est parti, et avec lui un pan de vie

Mon père m’a laissé des trésors de vies

Chaque jour une leçon, un enseignement

Chaque jour encore, un souvenir latent

 

Nos vies se mêlent et s’entrecroisent

Nos fils se tissent et se séparent

Nos vies ne sont qu’instants volés

Jusqu’à mesurer ces instants envolés

 

Mon père est parti

 

Avec lui tous ces bruits

Sourires, rires et cris

Paroles douces et silence

Désormais l’absence

 

Mon père est parti, J’ai pu lui dire merci

Et encore aujourd’hui, même sans voix

Je le remercie

Septembre

 Septembre, c’est la rentrée

Les vignes bientôt changeront de couleurs

Bientôt les vendanges

Le cartable est tout neuf

Les stylos dans la trousse

Maman couvre les livres

Et papa les cahiers

Jolies étiquettes

C’est la rentrée

 

Les yeux brillent de tant de nouveautés

Le cœur est gros de quitter

Les jeux, les rêveries,

Les matins au lit

Les soirées couché tard,

Les courses effrénées

Les tours de vélo

Les rires et les sueurs

C’était l’été

 

Demain, un autre jour

Demain, la reprise des cours

Demain se lever tôt

Demain le cœur gros

C’est la rentrée

 

Rester assis, attentif

Ecouter, retenir, apprendre

Un temps pour sortir, courir,

Un temps pour grandir

Et la rentrée sera passée

Alors viendront les vacances

Quelle chance !

 

Puis la rentrée

Encore

Un cycle, rentrée, vacances, rentrée

Des saisons, une année

Et reviendra l’été

Ses jeux, ses rythmes

Les yeux qui brillent

Un autre paradigme

Voilà l’été !

 

 

 

 

Tuer le temps

 Une ile,

Sentiment de liberté ou de prison,

On y vit détaché mais aussi attaché par les horaires des bateaux,

Les sentiers où se perdent les vacanciers, les habitués se faufilent dans leurs dédales

Le temps s’égrène lentement, tantôt la cloche de l’église, tantôt la corne du roulier

Il y a les silences, les ambiances, les lumières à jamais changeantes,

Il y a ce sentiment d’abandon et de s’y retrouver,

Loin des agitations, des bruits, des courses effrénées,

Le regard perdu dans les couleurs, les tons irisés,

Les oreilles guettant les cris des oiseaux, le chant du vent,

Les senteurs mêlant les embruns et les différentes floraisons

Le cœur ralentit puis s’emballe, le pas ralentit puis se presse

Parfois une ondée, parfois un coup de vent

Toujours un endroit pour s’abriter,

Toujours un endroit pour rêver

Toujours mille plaisirs

Une ile, au fond, c’est simplement envoutant et magique

Une ile au fond, c’est être soi

Qui tu es ? Le temps.

 

 


Promenade aux bois



Il y a dans ces bois, un parterre de fleurs
Il y a dans ces bois, une couche de douceur
Il y a dans ces bois, un instant sans heure
Il y a dans ces bois, un répit de bonheur

Là, près du ruisseau guilleret, Il est deux rochers
Près desquels des cendres sont éparpillées
Cendres sans conséquence d’une vie achevée
Cendres glacées à jamais dispersées

Au creux de ce bois, tant de pas, tant de pas
Au creux de ce bois, promeneurs et animaux
Passent près des rochers, admire le ruisseau
Sans savoir ni se douter qui se cachait là

Futilité de nos pas, futilité de nos vies
Tant de pas, tant de traces, une vie
Poussières d’éternité vouées à l’oubli
Tout s’efface, des cendres sans bruit

Il y a dans ce bois, un parterre de fleurs
Il y a dans ce bois, des émois et un cœur
Il y a dans ce bois, hors du temps, des peurs
Il y a dans ces bois, un répit de bonheur

Des rochers pour les initiés, au bord de l’eau
Des pensées en fleurs et en pleurs parfois
Alors les larmes se mélangent au ruisseau
Elles glissent et voguent sans doute vers moi
 




Petit déjeuner printanier


C’est le printemps,
Ce matin je me suis offert un bonheur,
J’ai pris mon petit déjeuner dehors
Au soleil de ma terrasse,
J’ai regardé le jardin au soleil printanier
Des jacinthes toute de rose dressées
Des tulipes à peine écloses
Quelques dernières fleurs sur le prunus
Au travers des feuilles rouges d’impatience
Les narcisses éclairent de blanc fier les bordures
Tandis que les jonquilles éclatent de jaune
Soulignées du bleu presque froid des muscaris
Les oiseaux gazouillent et chantent
Le vent semble être parti  se reposer
Les bourdons noirs dansent autour des pollens
Il ne manquerait plus qu’un papillon.
Le soleil sur ma peau m’offre ses premières chaleurs
Le chat lui, a préféré rester devant la cheminée
Tout est calme, pas un bruit autre que la nature
La douce odeur du pain grillé, un beurre à peine salé,
Les fumerolles du café, c’est un dimanche de mars
C’est un printemps et une belle journée
C’est la vie qui renaît
C’est l’envie qui est
C’est si simple le bonheur






Mon béret


Avec un peu de culture ou un brin de connaissance,
Vous sauriez que cette coiffe que je porte avec aisance
N’est qu’un simple béret, tout de laine foulée
Il n’appartient ni aux basques ni même à mes chères Pyrénées,
Il pourrait tout autant être landais ou gascon
Ou bien encore béarnais ou breton

Et si le rouge vous a trompé
Ce n’est ni basque ni contestation
Une simple couleur arrachée au passé
Une coiffe vraie sans ostentation

Oui, c’est là mon béret
Rouge et intransigeant
Sous le soleil, la pluie ou les vents
Ma tête toujours en est couronnée

Porté avec fierté
Sur les chemins du monde
C’est aussi en signe de respect
Pour celles qui m’ont mise au monde
Car si ma maman m’a donnée la vie
Mémé m’offrit mon premier béret

Qu’elles en soient à jamais remerciées.






A quelques pas


A quelques pas du lycée,
A quelques pas du parking en sécurité
A quelques pas du passage protégé
Elle a traversé

Il faisait froid, Il faisait nuit
Bien emmitouflé dans sa capuche
Elle a traversé

Bien emmitouflé dans ses brumes
Elle a traversé

Derrière ses vitres trop sombres
Derrière ses vitres non dégelées
Il a déboulé

Un grand coup d’accélérateur
Pour qu’on remarquer son bolide
Un coup en plein cœur
Une peur livide

Puis plus rien
Le silence et le vide

Puis les cris, les pleurs, la peur
Un bolide enfui
Une enfant endormie
Le visage pâle et fermé
Sur le bitume glacé

A quelques pas du lycée
Un parent trop pressé
Un parking oublié
Une famille brisée

A quelques pas du lycée
Une voiture embuée
Rapide et sans visibilité
Une vie tuée

Faut-il être dupe ?
Manquer de tant de temps
Pour jeter ses enfants
Et rendre leur joie caduque

Faut-il être con ?
Manquer à ce point de neurones
Pour jouer les fanfarons
Et finir en prison ?

A quelques pas du lycée,
Un parking sécurisé
Un tout petit détour
Pour préserver ses amours

Au pied de la cité
Un parking goudronné
Où prendre le temps
De nettoyer ses vitres et y voir en grand

A quelques pas du lycée
Jamais arrivée
Partie sans un baiser
Insouciante envolée
Cauchemar insensé

A quelques pas, 
Juste quelques pas...
Valaient-ils une vie?
Valaient-ils l'oubli?

Plusieurs temps ont passé,
Les bolides toujours plus rapides
Les arrêts toujours plus nombreux
Les capuches baissées, 
Les peurs livides
Des actes malheureux

Amer


Imagine

Image in
Magie divine
Appel aux rêves
Galactique trêve
Instant unique
No panic
Eveil

Il nous restera ça

Il nous restera ça…

Parce que le temps passe, parce que le temps file
Parce que tout s’efface avec plus ou moins de style
Parce le temps gomme tout autant qu’il grave
Parce que tout cela s’aggrave au fil du temps

Il nous restera ça

D’abord il y a l’absence, le vide, le silence
Enfin pas tout à fait, des mots sans présence
Des voix dans la tête, des mots dans le silence

Quelques écritures et leurs quelques ratures
Une feuille de papier qui perdure,
Une étiquette sur un pot de confiture,

Des traces d’une vie en survie

Il nous restera ça

Peu à peu reviennent les forces, le réveil et ses douleurs
Puis peu à peu les vides autour des bonheurs

Alors se construisent des mondes parallèles
Une vie avec, une vie sans, des bouts de vies
Et ces bouts de vies ne se rejoindront jamais
Vertiges isolés de parcours parallèles
Mais ils offrent à penser, à songer,
Se souvenir, se rappeler, en survie

Il nous restera ça

Puis demain viendra, demain oui, sûrement
Après tout l’hiver laisse place au printemps
La neige fond et emporte ses traces
Elle laisse place à d’autres couleurs
Elle laisse grandir d’autres fleurs

Faut-il en avoir peur ?

Hier s’est enfui, ne nous laissant que le manque
Parti comme un voleur, courant en Salamanque
Mais de tous ces gommages, ces estompages
C’est leurs mémoires qui noirciront la page

Il nous restera ça

La force de l’écrit bien plus que les cris
Les mots tracés vivent par écrit

Nos vécus en phrases sobres
Ne deviendront jamais des mots sombres
Car ils dresseront toujours le portrait
Sans omettre la douceur des traits
De nos vies parties dans l’ombre

Sans oublier jamais qu’elles demeurent
Les ombres de nos vies, présences discrètes
Accrochées à nos basques, maigres silhouettes
Elles suivent nos pas et dansent à nos rythmes
Silencieuses et malicieuses elles sourient,
Comme nous leurs sourions heureux
Après tout, nous savons…

Il nous restera ça

Saisons

L’hiver occupe l’espace avachi
Il rafraichit, gèle et blanchi
Masque tout puis fléchi
Il règne sans chichi

Le printemps sourit
Entre soleil et pluies,
Il arrive en rivières grossies
Il efface la neige comme par magie

L’été arrive et s’étale de tout son long
Ses jours chauds et tellement bon
Ses orages donnant des frissons
Canicule et glaçons, polisson

L’automne, l’eau tombe
L’eau tonne, ce n’est pas possible
Seul le tonnerre le peu et alors il pleut

Un peu, beaucoup, passionnément,…un peu !

Plume de libellule

Une libellule s’en vient un beau matin
Prendre ma plume et s’enfuir au lointain
Etrange chose que ceci

Comme j’avais plus d’une plume dans mon sac
Aussitôt je réarme et inscrit tout ceci sans trac
Etrange note que voilà

Mais voilà, cette plume neuve n’est point rodée
A chaque plein, elle refuse de se délier
Etrange course que cela

J’ai beau vouloir écrire, mes lettres s’en fichent
Elles dansent et sautillent dessinant des pointillés
Etrange code que voici

A me relire, je plonge dans l’incapacité
Et ne puis que constater ma cécité
Etrange tout de même !

De points et tirets, les propos sont tracés
Encore faut-il tout cela déchiffrer
Etrange, étrange

Ainsi, à tire d’ailes, d’une libellule le morse est né
Morse, oh ! Choisit au monde d’être présenté.
Etrange naissance quand même !

Ah que diantre serait-il, si ma plume eut été taillée
Et bien loin de l’étang, ma fenêtre fermée
Etrange coïncidence

Certes ces mots ne seraient pas tracés
Du moins, pas dans cet ordre alignés
Etrange composition

Sans regret. 












Jeux de mots

Je, deux mots,
Jeu, set et match.
Fin de partie = tie,
Tie break donc.

Balles neuves

Il était temps.
Ile et étang,
Ça tombe sous le sens
Ça tombe à l’eau
Forcément.

Océan,
Aux séants du monde
Rien d’autre que des flots
Des flots, bleu, vert ou gris
Des flots comme unique patrie

Je, n’est plus.
Reste des mots
Des mots écrits,
Des mots pas dits
Des mots d’ici,
Des mots farcis
Des mots qui forcement tombent à l’eau
Des mots lus

Ailleurs
Comme ici
Mais différemment
Comme ici mais autrement
Sinon, pour quel ailleurs ?
On change d’heure
Sans heurt
Sans pleur
Mais avec des fleurs
C’est joli des fleurs
Même des chrysanthèmes
Pour un anathème

Au fond
L’eau d’ici
Vaut bien l’au-delà
Et puisqu’il faut partir
Un jour, un soir, une nuit
Alors partons pour rester
Les flots donnent le la
Et l’océan sa chanson

Jeux de mots
Jeux de trop
Jeux de trots
Chevaux sur la plage
Galopent au rivage
Ils courent sans rage
Puis disparaissent
Happés par les brumes
D’un jour plus vraiment diurne
Mystère océan
Mister océan.
Je jette l’ancre…
Pluie de mots

Plus de mots

Je jette l’encre.


Fruits

Fruits amis sucrés de nos vies
Rouges, jaunes, noirs ou violets
Uniques, savoureux et exquis
Issus de notre familial verger
Trésors de mille et un goûters
Sans vous, que seraient nos vies ? 


Horizon

Le soleil au loin éteint ses flammes
Par un de ces jours d’été sans charme
Où le sable brûlant exhale son iode
Et l’océan déroule ses vagues en période

Ni hier, ni demain, aujourd’hui s’éteint
Et la plage redevient un désert aquitain
Où les pas dessinent d’étranges signes
Au gré des marées et vagues malignes  

Une longue promenade le long de la grève
Un moment hors du temps, une trêve
Une pause, un répit, lecture de l’esprit
S’envoler vers des ailleurs et vivre ici

Quatre pas qui s’éloignent peu à peu
Ils hument l’instant, cet instant fiévreux
Ils sourient et respirent ce même air
Ils puisent à cette source balnéaire

Plus tard, plus tôt, ils seront union
Jouant, jouissant à l’unisson
Plus tôt, plus tard ils seront amants
Oubliant hier et demain inconsciemment   

Un jour, une heure, un instant
Ici ou là, s’arrêter hors du temps
Vivre pleinement le moment
Sans hésiter, oui, vraiment

Et ce n’est par la grâce divine
Que les corps soudain s’illuminent
Mais par l’heur des doux gestes
Qui chaque jour se manifestent

Faut-il donc être aveugle
Pour de ceci ne rien voir ?
Faut-il donc être sot
Pour cela laisser choir ?



Rien de plus

Le sorcier habite là-bas,
Tout au bout du chemin,
Là-bas
Tout au fond
Dans une case en bois.
Le sorcier, on va le voir,
On l’appelle quand ça ne va pas,
Il a toujours des trucs qui soignent,
Des trucs qui soulagent,
Des mots contre les maux,
Des sourires,
Des silences aussi parfois,
Le sorcier, c’est comme ça.
On y va aussi parfois
Pour s’y réfugier,
Parce qu’il fait froid dehors,
Parce qu’il fait froid dedans,
Dans le cœur,
Et puis le sorcier, il a des trucs,
Des trucs à boire,
Des trucs à voir,
Des trucs à lire
Des trucs à écouter
Des trucs à rire
Et il y a même un feu de bois,
Alors oui, voilà,
Là, le sorcier on le voit.

Le sorcier fait rire
Le sorcier fait peur
Il sait des choses
On a peur des choses
On a peur des savoir
On a peur sans savoir.
Alors le sorcier, on l’évite
Tandis qu’on invite
C’est comme ça.

Mais le sorcier
Aussi a un cœur
Un cœur qui rit
Un cœur qui pleure
Un cœur qui saigne
Parce que le sorcier
Il sait, quand il soigne
Il sait quand on l’oublie
Parce que c’est comme ça
Depuis trop de temps déjà

Un jour sera,
Le sorcier ne sera plus
La case en bois non plus
Le feu l’aura mordu
Rien de grave au fond
Ce n’était qu’une case
Au fond
Tout au fond du chemin
Une case
Rien de plus.

Une larme.
Rien de plus.


Non plus.